par Philippe Le Badezet
Dans le cadre de l’accompagnement personnalisé, les élèves de 2nde ont participé au concours « Poésie en liberté ».
Sébastien Pezza décroche le premier prix de la catégorie « Lycée français de l'étranger – Seconde » ; le deuxième prix revient également à un élève du LFAY, Jean Duteurtre.
Voir le palmarès complet.
Il y a…
(D’après G. Apollinaire, ‘’Poèmes à Lou’’)
Il y a des ruelles désespérées qui se perdent dans la brume
Il y a mes yeux qui se perdent en toi
Il y a une femme solitaire sous un chapeau conique
Il y a une maison en ruine au bord du lac
Il y a des jeunes gens qui s’embrassent
Il y a mon cœur qui s’emballe à les regarder
Il y a un portail fleuri devant une pagode
Il y a un monsieur à barbe blanche qui crache quand je passe
Il y a un jeune garçon qui s’imagine ton visage
Il y a un visage perdu dans Hanoi
Il y a des câbles qui pendent dans les rues
Il y a une paysanne qui pousse son vélo fleuri
Il y a mon cœur qui t’appartient déjà
Il y a des motos qui klaxonnent, qui klaxonnent
Il y a un petit garçon qui court après son ballon
Il y a mon âme d’enfant qui le suit, le suit
Il y a un ciel qui se confond avec le lac
Il y a toute ma vie encore à vivre
Il y a des impasses secrètes où nous nous aimerons
Il y a mes mains inutiles dans mes poches
Il y a mes pieds perdus sous les feuilles d’automne
Il y a des voitures rutilantes sur la route
Il y a mon âme muette sous la pluie
Il y a un grand soleil entre les arbres
Je t’aime déjà.
Sébastien Pezza
Elle Tombe.
Je cherche la nuit où l’inconnu commence,
Je cours, prend, sautille et m’éparpille,
Mes mains volent sur l’eau, qui brûle,
Le Soleil goutte sur mon cou.
Rien.
J’interpelle le monde qui me prend,
J’oublie tout, tout s’enfuit, là-bas.
L’autre part, s’envole, immatérielle.
Rapide.
Trois, deux, un, un cri,
Ce silence paralysant dévaste les prairies,
L’homme s’emmêle sur les flammes.
Perdue à jamais.
Jean Duteurtre |