Poésie en liberté : deux lauréats au LFAY
par Philippe Le BadezetPoesie en liberte - 2012

Dans le cadre de l’accompagnement personnalisé, les élèves de 2nde ont participé au concours « Poésie en liberté ».

Sébastien Pezza décroche le premier prix de la catégorie « Lycée français de l'étranger – Seconde » ; le deuxième prix revient également à un élève du LFAY, Jean Duteurtre.

 

Voir le palmarès complet.

 

 

                                  Il y a…

                                          (D’après G. Apollinaire, ‘’Poèmes à Lou’’)

Il y a des ruelles désespérées qui se perdent dans la brume

Il y a mes yeux qui se perdent en toi

Il y a une femme solitaire sous un chapeau conique

Il y a une maison en ruine au bord du lac

Il y a des jeunes gens qui s’embrassent

Il y a mon cœur qui s’emballe à les regarder

Il y a un portail fleuri devant une pagode

Il y a un monsieur à barbe blanche qui crache quand je passe

Il y a un jeune garçon qui s’imagine ton visage

Il y a un visage perdu dans Hanoi

Il y a des câbles qui pendent dans les rues

Il y a une paysanne qui pousse son vélo fleuri

Il y a mon cœur qui t’appartient déjà

Il y a des motos qui klaxonnent, qui klaxonnent

Il y a un petit garçon qui court après son ballon

Il y a mon âme d’enfant qui le suit, le suit

Il y a un ciel qui se confond avec le lac

Il y a toute ma vie encore à vivre

Il y a des impasses secrètes où nous nous aimerons

Il y a mes mains inutiles dans mes poches

Il y a mes pieds perdus sous les feuilles d’automne

Il y a des voitures rutilantes sur la route

Il y a mon âme muette sous la pluie

Il y a un grand soleil entre les arbres

Je t’aime déjà.

                                                    Sébastien Pezza

 

 

Elle Tombe.

Je cherche la nuit où l’inconnu commence,

Je cours, prend, sautille et m’éparpille,

Mes mains volent sur l’eau, qui brûle,

Le Soleil goutte sur mon cou.

Rien.

J’interpelle le monde qui me prend,

J’oublie tout, tout s’enfuit, là-bas.

L’autre part, s’envole, immatérielle.

Rapide.

Trois, deux, un, un cri,

Ce silence paralysant dévaste les prairies,

L’homme s’emmêle sur les flammes.

Perdue à jamais.

                                            Jean Duteurtre

 

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